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SAINT PIE V
Brève
histoire et informations
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xxxxxxxxxxxxxxx xxxxxxxxxxxxxxxxx xxxxxxxxxxxxxxxxxxx Avant de parler de Pie V, il est bon d’établir un panorama sur
l’hérésie, sur le protestantisme, sur le concile de Trente et sur l’inquisition
pour comprendre à quelle époque il vivait, quelles initiatives il a
prises et quels jugements se portent encore de nos jours sur lui à cause
de l’inquisition, dont il fut le principal inspirateur et en donna l’exemple
le plus zélé pour l’appliquer et envoyer sur le bûcher tous les hérétiques
qui se présentaient à sa portée.
Il fut le pape le plus
dur et le plus impitoyable de l’histoire, mais fut aussi un pape intègre
qui eut à cœur la pureté
de la foi, le comportement moral du clergé et sa discipline et
il travailla dans ce sens d’une manière décisive.
L’Hérésie est une doctrine qui, selon la définition
des théologiens, s’attaque à une vérité révélée telle que la
propose l’Eglise. C’est une interprétation différente
des sacrées écritures et
de l’interprétation officielle divulguée par l’Eglise.
L’Eglise Catholique considère l’hérésie comme un délit ou
un attentat à son intégrité. Comme
telle, elle fut énergiquement punie : non seulement par l’application
de différents peines, mais encore parfois par des expéditions militaires
sanguinaires et des massacres de masse, comme ce fut le cas
pour la croisade contre
les Albigeois et pour la nuit de la saint Barthélemy contre les Huguenots.
Les hérésies sont contemporaines à la naissance du christianisme, mais
elles se développèrent particulièrement
à partir du II siècle, lorsque de polémiques
exigences posées par les autres religions obligèrent l’Eglise
à préciser et à fixer ses propres doctrines. Les
hérésies qui accompagnèrent l’Eglise depuis ses origines jusqu’à
l’époque de Pie V furent innombrables. Mais alors l’Eglise vivait sa
pire période à cause de la Réforme Protestante qui,
naturellement mit en discussion presque tous les dogmes de l’Eglise
Catholique et fut donc déclarée hérétique et persécutée pour cela. Il
condamna l’église catholique en
contestant presque tous ses dogmes. Il fut accusé d’hérésie et
condamné. Mais malgré cela, la cause Protestante s’étendit
dans toute l’Europe septentrionale
réduisant le catholicisme à exister au Portugal, en Espagne, en Italie
et en Pologne. En France il y avait des guerres de religions entre les
catholiques et les protestants Huguenots.
La majorité du clergé était constituée de personnes honnêtes
qui souffraient de voir la morale de l’église décliner à un tel point
et comportait souvent des
gens qui s’attaquaient à l’église mère romaine, se mettaient pour
ainsi dire à leur propre compte, alors
s’ils ne juraient pas fidélité au pape, ils étaient considérés
comme hérétiques et persécutés. Le
Concile de Trente Il
fut convoqué par Paul II Farnèse en 1545, Mais
la première véritable ouverture des travaux commença seulement le 13 décembre
1545. Ce
fut la condamnation totale du protestantisme et tous les dogmes furent définis
de manière rigoureuse. Pour
les évêques, l’obligation de résidence dans leur diocèse
fut décrétée et le cumul des bénéfices fut interdit. Cette
première session fut
interrompue au printemps 1547. Une
seconde session de travaux débuta en 1551. Quatre années après
la fin de la première. Les
problèmes de la foi y furent
abordés. On y institua l’index « index librorum prohibitorum »
c’est-à-dire la liste des livres interdits qui selon l’église ne
devaient pas être lus ni même être imprimés. On peut dire que tous les
ouvrages de valeur historique, philosophiques, politique, littéraire,
furent inscrits sur cet index. Cette
seconde session fut interrompue en 1552. La
troisième session reprit les travaux le 18 janvier 1562. Dix ans
après la fin de la seconde. Il y eut
confirmation de plusieurs positions théologiques et confirmation
de la prévalence de l’autorité du pape sur le concile. Le
concile conclut ses travaux le 4 décembre 1563. Vingt-sept ans après
qu’il ne fut convoqué. Ce
fut Pie IV qui clôtura les travaux et aussitôt il lança la proclamation
de « professio fidei tridentina » et on réorganisa et on
renforça l’Inquisition pour donner un contenu concret envers les contre
– réformes du Concile de Trente. L’Inquisition
devint l’activité d’un tribunal spécial qui, en droit médiéval,
avait le devoir d’enquêter d’une façon privée et secrète, afin de
découvrir les chrétiens soupçonnés d’hérésie et de les condamner,
en ce sens toute déviation à
la foi catholique était considérée comme un délit contre l’ordre
civil, en plus de l’ordre ecclésiastique.
Il y eut trois
vagues inquisitoires très importantes dans l’histoire cependant entre
une vague et la suivante, les tribunaux inquisiteurs ne restèrent pas
inactifs.
1° inquisition
- inquisition médiévale Elle
commença sous le pape Innocent III en 1215 avec l’appui de Frédéric
II. Les
victimes les plus célèbres furent les Albigeois, tous massacrés au
cours d’une campagne militaire.
2° inquisition
- inquisition espagnole Les
victimes de cette seconde vague d’inquisition furent les maures,
musulmans convertis, mais considérés infidèles parce qu’on les soupçonnait
de pratiquer leur culte secrètement et les juifs convertis (les félons),
soupçonnés, eux aussi de pratiquer leur culte secrètement.
3° inquisition – inquisition romaine là,
la victime la plus célèbre fut Giordano Bruno, brûlé vif. Mais pas
seulement cela : plusieurs cardinaux et nonces apostoliques furent
suspectés d’hérésie, on condamna même Galileo Galilée.
Dans ce climat
d’intolérance totale envers n’importe quelle opinion, il y eut aussi
des excès de la part des protestants calvinistes contre les luthériens.
Un acte d‘intolérance calviniste conduisit au bûcher un certain Michel
Servito (luthérien) que Calvin fit brûler vif le considérant comme hérétique.
Comme on peut le
comprendre les religions se sont toujours mal supportées et se sont
combattues partout où elles ont existé.
Le commencement
de l’activité de l’inquisition dans un diocèse était composé
d’une cérémonie impressionnante à laquelle devait participer
tout le clergé de la curie, l’évêque aussi bien celui de la
curie que ceux des curies voisines et tout le peuple de la campagne et des
bourgades. Celui qui ne se présentait pas à la cérémonie était
suspecté d’hérésie, soumis à la question et finissait mal. Pendant
ces cérémonies, l’inquisiteur célébrait la Messe accompagné de tous
les choristes qui chantaient tout ce qu’il demandait, cela durait très
longtemps, puis il montait en chaire
et prêchait en lançant ses anathèmes contre ceux qui étaient hérétiques
ou qui seulement n’avaient pas respecté à fond les commandements de
l’Eglise. Ensuite il invitait ceux qui avaient connaissance d’actes
portés contre la foi à faire de la délation. Si la délation se révélait
fausse, le délateur était maintenu sous la tutelle
de l’anonymat et son mensonge ignoré. On créait ainsi un climat
de suspicion et de peur qui poussait les gens à dénoncer n’importe
quelle petite chose qu’ils connaissaient ou dont ils avaient eu
connaissance.
On entamait le procès des accusés et s’ils étaient
reconnus coupables, on prononçait contre eux un Autodafé. L’autodafé
est le nom donné à la proclamation
de la sentence de mort pour les hérétiques et à leur exécution
capitale.
Les rois étaient
livrés au bras séculier et conduits au supplice dans une imposante et
macabre procession. Si les hérétiques se déclaraient impénitents, ils
étaient brûlés vifs ; s’ils se repentaient, ils recevaient la très
pieuse grâce et étaient étranglés avant qu’on ne les jetât au bûcher.
Le dernier audafé
fut exécuté à Valence en Espagne en 1826.
Ainsi était
l’Europe que Pie V trouva en venant
au monde.
Ainsi était
l’Europe à son époque. Ainsi était l’Europe dans laquelle il se forma jusqu’à devenir un des plus zélés acteurs. xxxxxxxxxxxxxxxxx xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx |
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xxxxxxxxxxxxxxxxxxx xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx e prénom Pie dérive du prénom latin de l’époque impériale Pius et signifie « pieux, religieux, pitoyable, honnête. Un tel prénom s’est imposé dans les milieux chrétiens en rapport avec la vertu chrétienne de la piété. La fête se souhaite traditionnellement le 30avril en mémoire de Saint Pie V, pape mort en 1572. xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx Brève histoire de Saint Pie V Saint Pie V est né à Bosco le 17 janvier 1504. Fils de Paul Ghislieri et de Dominique Augeri, il fut appelé Antonio. D’origine bolognaise, l’arrière grand-père, Lippo Ghislieri et ses frères émigrèrent de Bologne en 1445 se dispersant dans la péninsule. Ils s’enfuirent de Bologne probablement parce qu’étant du parti Guelfe ils étaient poursuivis par les Gibelins. Mais probablement il y avait aussi des luttes intestines entre les clans seigneuriaux de Bologne. Celui des Ghislieri tomba en disgrâce et il leur fut nécessaire de disparaître et de se cacher. C’est seulement de cette façon que s’explique leur persécution jusqu’à la mort, si forte qu’ils s’enfuirent tous de Bologne et changèrent de nom de famille pour ne pas être facilement repérables. L’arrière grand-père Lippo se réfugia à Rome, et le grand-père Antonio avec son frère Sébastien se cacha dans un village au milieu des bois loin des grandes villes perdu dans une immense plaine boisée. Celui-ci était Bosco. Alors encore forteresse qui, vu sa position stratégique de contrôle sur toute la Fraschetta était disputé entre plusieurs seigneuries de la campagne. Antonio Ghislieri eut plusieurs fils dont Paul qui fut le père du futur pape. Ils vivaient assez misérablement. Ils travaillaient à la journée en campagne pour de petits seigneurs locaux. Probablement ils connurent la condition de servage de la glèbe. Sur la petite enfance d’Antoine, le futur pape, on a beaucoup parlé et divagué. Selon les uns il était de famille noble, selon d’autres il vivait plutôt misérablement et selon d’autres encore, il vivait conduisant au pacage des moutons et des porcs dans les bois des alentours. Cependant, presque tous, détracteurs ou admirateurs, sont d’accord pour déclarer qu’il était un individu doué d’une précieuse capacité et d’un grand tempérament. Il ne pouvait pas être autrement vu ce qu’il devint. Un caractère médiocre n’aurait pas pu se tracer la route qu’il a parcourue lui. Par hasard, des frères dominicains passèrent par Bosco, ils remarquèrent Antoine qui était un enfant très précoce et intelligent et lui proposèrent la carrière ecclésiastique. Il entra au couvent des pères prédicateurs de Voghera et accéda à la vêture.
Le 18 mai 1521, il passa à Vigevano où
il prononça ses vœux
Le
1° juin 1523 il fut fait fils du couvent de Vigevano.
Il
fut ordonné prêtre à Gênes
en 1527 sous le nom de frère Michel.
Il
resta toujours fidèle à la Vierge envers laquelle il était particulièrement
dévot, se formant ainsi dans une piété religieuse qui représentait
l’âme et le secret de toute sa vie. Il retourna à Bosco pour retrouver
ses parents et y célébrer sa première messe dans l’église Saint
Pierre et Saint Pantaleone.
Il
trouva le village dévasté par une énième guerre. Cette fois c’était
les Français qui faisaient des razzias sur tout le territoire.
Il
se transféra à Sezzadio, village natal de sa mère, et il célébra sa
première messe dans l’église de sainte Justine. En
1537, Charles V, écoutant les propositions des habitants d’Alexandrie,
donna l’ordre de démanteler le fort de Bosco. Ils craignaient que, en
cas de siège de la ville, le fort de Bosco puisse être utilisé par les
assiégeants comme base contre Alexandrie. On supprima tous les canons, on
abattit quelques pans des remparts. On supprima les ponts-levis et les matériaux
qui en tombaient commencèrent
à remplir les fossés qui entouraient les remparts. Ainsi commençait la
destruction du plus bel ensemble de bâtiments que la Fraschetta possédait.
En 1642, le comte espagnol de Sirvela, commandant la place forte de Milan,
donna l’ordre de le démolir totalement. On abattit les tours, n’en
conservant qu’une seule qui
aujourd’hui sert de campanile à l’église paroissiale et on conserva
les murailles vers l’Erzano. Ensuite on fit appel à un habitant
de Bosco pour compléter le travail, le fort finit par être entièrement
à terre. Il ne restait que
les bastions et les arcs des trois portes d’entrée. A la fin, en 1814
on abattit aussi ceux-ci. Du fort de Bosco ne restèrent que les bastions
que nous admirons aujourd’hui.
En
1539, frère Michel retourna à Bosco pour la seconde fois comme prédicateur
et y fonda la Compagnie du Rosaire. Il fut
quelque peu amer de voir son village réduit à un amas de matériaux
et la population qui vivait si misérablement à cause des guerres et des
destructions. Probablement ce sont ces évènements qui développèrent
dans l’âme du futur pape la décision que, dès que
l’occasion pourrait se présenter à lui, il aiderait le village
et ne l’aurait jamais oublié pour le tirer de ses misères.
Le
2 juin 1521, il fut élu commissaire général de la Sainte Inquisition.
En
1555, le pape Paul IV le nomma évêque de Niepi et Sutri.
Le
15 mars 1557 il fut élevé, par le même pape Paul IV, au rang de
cardinal au titre de Santa Maria Sopra Minerva. Dès lors il s’appela le
Cardinal Alessandrino. Au
consistoire, il fut déclaré le suprême Inquisiteur au rang
le plus élevé, unique nomination à un tel niveau. Jamais elle ne
fut adoptée auparavant ni utilisée ensuite.
Le
premier mai 1555, le pape Paul IV mourut, ce fut Pie IV qui lui succéda
le 23 mai. En
1560, Pie IV lui confia l’évêché de Mondovi. Il
retourna à Bosco pour la troisième et la dernière fois, accueilli dans
la joie par la population. En
1562, il commença à acquérir des ruines dans le bourg de Castelvecchio,
au-dessus des murailles, pour fonder un couvent dominicain et la nouvelle
église de Santa Croce et Ognissanti. Le 19 décembre 1565, le pape Paul
IV mourait. Le conclave se réunit, le 7 janvier 1566, il fut élu pape
sous le nom de Pie V à soixante deux ans. Il
était le seul, à ce moment, à posséder les qualités adaptées pour
occuper ce poste. xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx Antoine
Michel Ghislieri, pape
Pie V de Bosco
Pie
V maintint, même pape, le style de vie monastique et ascétique qu’il
avait pratiqué depuis sa jeunesse. Son aspect extérieur démontrait son
ascétisme et ses pénitences. Il jouait bien son rôle de pape, toujours
déchaussé surtout pendant les autodafés, il portait les fagots sur le bûcher,
vêtu complètement de blanc, avec sa longue barbe blanche, sa tête découverte
et très maigre, quand il priait il avait toujours un regard d’extase
tourné vers le ciel, sa voix était particulière, toujours empreinte
d’une sincère piété, le peuple était
ravi, pendant les processions, à tel point qu’on disait qu’il
aurait converti les
protestants au catholicisme d’un seul regard. A de nombreux parents
arrivés à Rome avec l’espérance de quelques privilèges, Pie V disait
qu’un parent du pape peut se considérer suffisamment riche s’il ne
connaît pas l’indigence. La théâtralité de Pie V consistait en une
variété de représentations appartenant à la tradition catholique et à
ses cérémonies, dont le but était d’impressionner les consciences
pour réaliser une transformation individuelle et collective des personnes,
en signe d’une authentique pureté
vers la foi. Tel était le pape que le monde observait. L’ambassadeur
d’Espagne écrivait à son roi qu’au moins depuis trois siècles, il
n’était pas apparu un meilleur guide sur le seuil de Pierre. Dans les
rapports personnels, Pie V apparaissait bon et affable. Cependant quand il
s’agissait de ses principes et de la discipline ecclésiastique il
manifestait une extrême dureté et sévérité. A Rome et dans l’état
de l’Eglise, les manquements envers la sanctification du dimanche, les
blasphèmes et l’adultère furent punis d’une façon draconienne. Ce
pontife zélé se rappelait nécessairement qu’il n’avait pas affaire
à des anges mais à des hommes. Un capucin l’invita à réfléchir sur
le fait que par certains versets de la sacrée écriture
Dieu est défini comme juste, d’autres soulignent sa miséricorde.
Comme son modèle Paul IV il prit parti volontiers aux assises de l’inquisition
en la considérant comme l’instrument le plus important pour la défense
et le maintien de la pureté de la foi. L’œuvre
ecclésiastique de Pie V En
ce qui concerne la conduite de l’église pendant la papauté de Pie V,
il se présenta comme le guide le plus décidé au renouveau post
tridentin. Sa première préoccupation fut celle de maintenir la pureté
de la foi et de la défendre. Le
Catéchisme Romain Le
catéchisme romain apparaît ainsi en 1566. Voulu par le concile de Trente,
il arriva jusqu’à nos jours et est remplacé par Jean-Paul II par le
nouveau catéchisme Vatican II. Les catéchismes de Calvin et des autres réformateurs
ne convenaient pas à l’église de Rome. Pie IV commanda un nouveau catéchisme
en en confiant la rédaction des textes aux dominicains :
Morini évêque de Lanciano, Foscari évêque de Modène, Fiorero et au
secrétaire de saint Charles, le savant Poggiani.
Pie
V poursuivit l’œuvre de son prédécesseur, mais voulut suivre de plus
près les travaux des rédacteurs
et après que différentes commissions eussent successivement examiné le
volume, il le fit publier en septembre 1566 sous le titre
« catechismus ex decreto Concilii Tridentini, ad parocos.
Pii Quinti Pont. Mac. Iussu editus ». Ce catéchisme n’était
pas un simple manuel à l’usage des fidèles, mais il était adressé
aux sacerdoces des paroisses. Il mettait en relief le dogme et la morale
et leur fournissait
la science théologique nécessaire pour faciliter leur
enseignement.
Le
bréviaire Romain Le
bréviaire est
un livre liturgique
qui contient en entier l’ Office Divin, c’est-à-dire le mode ordonné
dans lequel l’Eglise veut que ses ministres louent Dieu et prient à des
heures déterminées chaque jour. Il est divisé en heures et s’articule
selon la période de Pâques, de l’Avent, de Noël, de l’Epiphanie, du
Carême, de la semaine Sainte, du temps pascal, de la Pentecôte et du
temps ordinaire. Une certaine diversité entre les différents bréviaires
s’est installée au cours des siècles
à cause des offices liés aux saints de chaque église. Aussi,
pour le bréviaire on demandait depuis de nombreuses années une nouvelle
rédaction parce que beaucoup d’évêques et de communautés qui
disposaient de l’ancien bréviaire priaient Dieu de façons différentes. Le Concile de Trente
impose une révision du bréviaire.
Le 9 juillet 1568, sort le
Breviarium romanum.
Pie
V affronta le problème avec
sa forte détermination, supprima les suppléments comme les psaumes
graduels, l’office des morts et de la Saint Vierge. Il remit en vigueur
les offices du dimanche, des féries et abolit les fêtes de beaucoup de
saints. Il adopta la langue
vulgaire pour les psaumes, conserva les antiennes et les répons du VIII
siècle et apporta d’autres modifications. Il fixa bien les obligations
et les interdictions et permit l’utilisation d’un bréviaire qui
depuis au moins deux cents ans avait été approuvé par le Saint Siège.
Par la bulle Quo a nobis Pio V fixait « qu’il ne serait
plus possible ni d’ajouter ni de supprimer quoique ce soit ».
Mais ses successeurs ne respectèrent pas cette bulle.
Le
Missel Romain
On
appelle Missel le livre qui contient les parties fixes et mobiles de la
messe. Dans
l’église occidentale différents rites étaient en usage : le rite
romain ancien, le gallican, le milanais ou d’Ambroise et le rite du
mozarabisme espagnol. Cette diversité était allée petit à petit
en augmentant. Les cérémonies se différenciaient d’une nation à l’autre
voir même d’un diocèse à l’autre. Le
Concile de Trente imposa une révision du Missel. C’est Pie V qui
affronta aussi ce problème toujours avec détermination.
Il rendit obligatoire au début de la messe le psaume introito et
du confiteor et comme épilogue le placet. Il inséra le
suspice, le sancta trinitas, imposa la récitation de l’évangile
sous la forme de l’évangile selon saint Jean in
principio erat verbum. Le
29 juillet 1570 sortit le missel romain grâce à la bulle Quo
primun tempore.
Le
Pontifical Romain On
appelle ainsi le livre
liturgique qui contient les formules et les rubriques des cérémonies que
les évêques doivent célébrer dans l’exercice de leurs fonctions. Au
cours des siècles, les célébrations du sacrifice eucharistique n’ont
pas été uniformes pour toute la christianité. Le Concile de Trente ne
souhaita pas la réforme du Pontifical qui débuta avec Pie V et s’avança
jusqu’à la venue de Clément VIII qui le publia en 1596.
L’Index
Sous
le terme d’ « Index librorum prohibitorum » se définit
le catalogue de tous les livres dont
l’église interdisait la possession et la lecture. Des listes de livres
proscrits circulaient déjà depuis le V siècle, mais le premier Index
fut approuvé par le pape Pie IV en 1557, après l’invention de
l’imprimerie et confirmé par Pie V en 1571. Il fut supprimé définitivement
par Paul VI en 1966.
Cet instrument
rentrait dans l’œuvre de contrôle et de discipline mené par la papauté
envers les chrétiens à cause de la diffusion de nombreux livres réformateurs
qui avaient conduit l’église à sa séparation avec les Protestants. Il
fallait foire obstacle à la diffusion des idées de la réforme
protestante pour préserver la foi et la morale catholique. Mais passer
de faire obstacle à la réforme protestante à agir de la même façon
envers toute l’évolution culturelle européenne de l’humanisme,
de la philosophie des lumières, du matérialisme il n’y avait
qu’un pas. L’Orlando
Furioso, le Décaméron, le « de la monarchie » de Dante, les
Sonnets de Pétrarque, l’œuvre de Galilée furent prohibés, on tenta
de gêner l’émancipation de la recherche naturelle de la théologie. Il
suffit d’un brin de folie pour quelques personnes. Avec
le temps, on peut le dire sans exagération, tous les livres de valeur
philosophique, historique, politique, littéraire disparurent de l’index.
La Bible en langue « volgata
Clementina »
C’est la traduction latine de la Bible, réalisée par Saint Jérôme
et revue par Sixte V (1585-1590). Le Concile de Trente promulgua le canon
des livres Sacrés et établit que la Bible en langue vulgaire (Volgata)
devait être reconnue comme
authentique et ne devait pas être rejetée.
Il décida en outre de préparer une nouvelle édition de la Volgata traitée
philologiquement, mais une commission réunie spécialement
la suspendit après en avoir commencé les travaux. L’intervention du pape Pie
V en 1569 donna une nouvelle impulsion aux travaux et vingt ans plus tard,
en 1592, Clément VIII la consacra comme texte officiel de l’Eglise
Catholique en ce qui concerne l’Ancien et le Nouveau Testament en la
nommant : Volgata Clementina.
L’œuvre politique de Pie V
En
1568, il publiait une édition plus sévère de la bulle In coena domini dite bulle de la dernière cène qui fut proclamée comme loi pénale
générale et obligatoire. Cette bulle a été lue chaque jeudi Saint
jusqu’en 1770. Le 25 février 1570, avec la bulle Regnans in Excelsis,
il frappait la reine Elisabeth d’Angleterre d’excommunication. Elle
fut déclarée hérétique et en conséquence
son peuple était dégagé de toute obéissance à son égard. La
reine Elisabeth n’attendait rien d’autre pour se sortir des griffes de
la papauté. Les conséquences
furent désastreuses pour les catholiques anglais parce que l’obéissance
au pape fut considérée
comme une trahison et un
danger pour l’état. En Angleterre, l’église fut réduite à l’obéissance
seulement au roi ou à la reine. Ils devinrent alors les chefs de l’église
qui prit, à cause de cela, le nom d’Eglise Anglicane.
Ce
fut la dernière fois de l’histoire qu’un pape excommunia
un prince régnant. Comme était déjà lointaine l’époque de
Canossa !
Il
encouragea la persécution des Huguenots et applaudit les répressions du
duc d’Albe aux Pays-Bas.
Il
fut le promoteur de la Bataille de Lépante où le 7 octobre 1571,
la flotte turque fut détruite dans le golfe de Lépante. Mais ce fut une
demie victoire parce que, une fois la flotte turque détruite, il était nécessaire
de détruire aussi l’armée. Mais la mort de Pie V ne permit pas de
suite à cette guerre.
Il
révoqua les bénéfices des évêques qui ne résidaient pas dans leur
diocèse, il abolit le favoritisme, les privilèges, les sinécures, il
licencia les parasites et les oisifs qui envahissaient par leur nombre la
curie romaine. Du point de vue politique, il ne fut ni meilleur ni pire
que ses prédécesseurs et que beaucoup de ses successeurs, c’était une
époque où on ne pouvait guère prétendre quelque chose de mieux, mais
en ce qui concerne la conduite morale du clergé, il se différencia énormément
des autres par la détermination et l’intégrité de son ouvrage. Il fut
en définitive un pape plus unique que rare.
Santa croce et Ognissanti Avec
l’église de Santa croce, la première chose que fit le pape fut celle
d’abandonner l’idée d’un petit couvent dans le bourg de
Castelvecchio et d’en faire construire un autre hors les murs à moitié
chemin entre Bosco et Frugarolo. Par le motu proprio du 1° août
1566 « proclarum quidam opus » et une avance de 20.000
écus, commença la belle histoire de
SANTA CROCE et
OGNISSANTI à Bosco
Marengo ensemble monumental d’un intérêt remarquable en faveur des
pères dominicains. Il dépensa un océan d’argent pour acquérir les
terrains, les fermes, les briqueteries
pour faire les briques et jusqu’à une carrière à Visone pour en
extraire la pierre pour les colonnes. A sa mort, la construction
s’arrêta mais ses successeurs ne réussirent pas à la
poursuivre pour en faire son mausolée. Dépouillée à plusieurs reprises
par les razzias des armées, elle reçut un coup final avec Napoléon
qui acheva la spoliation et réduisit le couvent en caserne pour les vétérans.
Une fois les vétérans délogés par un certain Ciravegna, l’ensemble
fut destiné à servir de
prison pour les mineurs jusqu’en 1990 après quoi il tomba dans un total
abandon. C’est seulement de nos jours qu’on cherche à le relever de
sa ruine. Mais on en n’est qu’au début. Le
pape Pie V mourut vers le soir du 1° mai 1572 en odeur de sainteté,
jusqu’à son dernier souffle, il fut un combattant
zélé pour la cause
de l’église catholique. Son
inquiétude pour une foi convaincante et sa conviction de devoir la défendre
continuellement, le portèrent à être impitoyable avec ceux qui ne
respectaient pas la pureté de la foi, il persécuta les hérétiques avec
une telle violence qu’aujourd’hui encore lorsqu’on parle d’hérésie,
on se souvient de lui. Selon
ses détracteurs quand il mourut , s’en alla un des papes les plus
durs, les plus impitoyables et les plus intransigeants de l’histoire,
sans avoir éprouvé de remords et sans
se laisser de regrets. Selon ses admirateurs quand il mourut, il
voulut mourir dans sa rude robe de laine et son trépas fut un spectacle
digne des anges. En 1712 il fut formellement canonisé par Clément XI. xxxxxxxxxxxxxxxxxxxx xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx |
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xxxxxxxxxxxxxxxxxxxx INNO A SAN PIO V retour au début xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx
testo di Francesco Berrone musica di don Angelo Fasciolo xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx
Di Bosco Marengo sei nobile e vanto, segnacol di speme, di fè, di vittoria. O presule eccelso, Pontefice santo un inno s’elevi, ch’esalti Tua gloria.
Potente
San Pio, deh! prega per noi,
proteggici
sempre noi siam figli tuoi. Del Turco furente nemico di Cristo un popol crociato per Te trionfò. Il gaudio comune fu allora frammisto al giubil d’un Papa che volle e pregò.
Potente
San Pio, deh! prega per noi,
proteggici
sempre noi siam figli tuoi. Del Santo Rosario la Vergine Regina Tu sempre esaltasti, ne avesti il favor. da Lei impetrasti la grazia divina per cui fu sconfitto dell’empio il furor.
Potente
San Pio, deh! prega per noi,
proteggici
sempre noi siam figli tuoi. L’infame eresia che fede dissolve invitto pugnasti con vigile amore di Cristo i nemici fiutaron la polve tuoi figli serbaron di fè lo splendore.
Potente San Pio, deh! prega per noi,
proteggici sempre noi siam figli tuoi. A Te con fiducia ricorron le genti nell’aspra tenzone col serpe maligno e Tu le proteggi nell’ardui cimenti sovr’esse il Tuo manto stendendo benigno.
Potente
San Pio, deh! prega per noi, proteggici
sempre noi siam figli tuoi. Del culto d’Iddio lo zelo fervente l’amor pei fratelli le fede sincera Tu infondi San Pio nell’animo ardente del popol che T’ama Ti segue in Te spera
Potente San Pio, deh! prega per noi, proteggici
sempre noi siam figli tuoi. Dei casti pensieri di nobili affetti ai giovani accendi la brama nei cuori Tu fuga e tien lungi dai teneri petti la perfida insidia di vizi ed errori.
Potente San Pio, deh! prega per noi, proteggici
sempre noi siam figli tuoi. San Pio t’invocan tuoi figli gementi deh! Tu li consola pietoso e fedel sii guida al cammino sii luce alle menti li addici a la gloria perenne del Ciel. Potente San Pio, deh! prega per noi, proteggici sempre noi siam figli tuoi. xxxxxxxxxxxxxxxxxxxx xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx |
INNO A SAN PIO Il convient de tenir compte que cet hymne a été écrit en langue poétique et que la traduction en français ne peut qu’en montrer le sens exprimé par l’auteur et l’élévation du texte mais ne rend ni la métrique ni l’exaltation poétique du chant original que vous trouverez en lisant la version italienne présente dans le site sous le titre « Inno a San Pio ». xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx HYMNE
A SAINT PIE V
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début xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx paroles
de Francesco Berrone musique de Don Angelo Fasciolo xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx xxxxxxxxxxxxxxxxx
De
Bosco Marengo tu es la noblesse et la fierté, Symbole
d’espérance, de foi et de victoire. Sublime
prélat, saint Pontife Un
hymne s’élève, qui exalte ta gloire.
Puissant Saint Pie, deh ! Prie pour nous,
Protège-nous toujours nous sommes tes enfants. Du
Turc furieux ennemi du Christ Un
peuple de
croisés pour toi triompha. La
liesse commune fut alors mêlée A
la jubilation d’un Pape qui aima et pria.
Puissant Saint Pie, deh ! Prie pour nous,
Protège-nous toujours nous sommes tes enfants. Du
Saint Rosaire la Vierge Reine Tu
exaltas toujours, tu en obtins les faveurs. D’Elle
tu imploras la grâce divine Par
laquelle fut vaincue l’impie fureur.
Puissant Saint Pie, deh ! Prie pour nous,
Protège-nous toujours nous sommes tes enfants. L’infâme
hérésie que la foi dissipa Invaincu
tu combattis de ton amour vigilant Envers
le Christ, les ennemis mordirent
la poussière Tes
fils gardèrent de la foi la splendeur.
Puissant Saint Pie, deh ! Prie pour nous,
Protège-nous toujours nous sommes tes enfants. A
toi avec fidélité recoururent les gentils Dans
l’âpre combat contre le malin serpent Et
tu les protégeas dans cette dure épreuve Sur
eux bienveillant en étendant ton manteau.
Puissant Saint Pie, deh ! Prie pour nous,
Protège-nous toujours nous sommes tes enfants. Du
culte de Dieu le zèle fervent, L’amour
pour les frères, la foi sincère Tu
inspiras Saint
Pie dans l’âme ardente Du
peuple qui T’aima, Te suivit, en Toi espéra.
Puissant Saint Pie, deh ! Prie pour nous,
Protège-nous toujours nous sommes tes enfants. De
chastes pensées, de nobles sentiments Aux
jeunes tu allumas, le désir dans les cœurs Tu
chassas et tins loin des tendres poitrines Les
perfides assiduités des vices et des erreurs.
Puissant Saint Pie, deh ! Prie pour nous,
Protège-nous toujours nous sommes tes enfants. Saint
Pie ils t’invoquèrent tes fils gémissants Deh !
Tu les consolas pieux et fidèle, Tu
fus le guide sur le chemin, tu
fus la lumière pour les esprits Tu les élevas à la gloire éternelle du ciel.
Puissant Saint Pie, deh ! Prie pour nous,
Protège-nous toujours nous sommes tes enfants. xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx |
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xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx Au
XVI siècle, l’Europe vivait une des périodes les plus difficiles de
son histoire. A l’est l’empire ottoman en pleine expansion avait occupé
tous les Balkans, la péninsule de Crimée et tout le Caucase. Seul,
l’empire des Habsbourg tenta d’arrêter l’expansion ottomane. L’Espagne
chercha à arrêter l’Islam en Afrique du nord et sa présence en Méditerranée
occidentale. La France, en proie à des guerres de religions n’hésita
pas à s’appuyer sur les princes ottomans dans une alliance contre les
Habsbourg. Toutes
les positions vénitiennes en mer Egée, dans l’Adriatique et dans la
mer Ionienne étaient en alerte. En
proie à la Réforme Luthérienne et aux guerres de religions,
pour toute l’Europe, se préparaient des années sombres pour
l’avenir. La
bataille de Lépante tira ses origines de l’intention des princes
ottomans d’étendre l’Islam et par conséquent leur domination impériale
sur toute l’Europe. Déjà
depuis des décennies, l’empire turc est la plus grande puissance du
monde et il va de soi que les différents Pachas, Califes et Emirs sont
tentés de s’emparer militairement de l’Europe et puis de la dominer
en l’islamisant. Le
plus préoccupé par cette situation
était Pie V qui, tout juste élu au seuil de saint Pierre, voulut
organiser une Sainte Ligue pour combattre les Turcs, se mettant d’accord
avec le plus de princes chrétiens possible. Il en fut l’artisan
et réalisa la Sainte Ligue le
20 mai 1571. L’armée
chrétienne était composée de trois flottes principales : la vénitienne
commandée par Sébastien Venier, celle du pape commandée par Marc
Antoine Colonna et celle de Philippe II commandée par son frère Don Juan
d’Autriche, commandant suprême. D’autres
navires de combat de différents états s’y étaient joints comme l’Etat
des Deux Siciles, la République de Gênes, les Etats Pontificaux et l’Espagne. En
tout : 280 bâtiments de différents types, 1800 canons de bronze,
34000 soldats, 13000 marins et 43000 rameurs tous esclaves turcs
et criminels. La
flotte chrétienne se concentra à
Messine à la fin d’août 1571. Il fallait attendre un « casus
belli » pour déclarer la guerre. Et
il y eut un casus belli avec les évènements de Famagouste dans les
premiers jours d’août. Les
Turcs à la fin de 1570, envahirent Chypre avec deux cent cinquante mille
hommes, une armée énorme pour l’île. Peut-être les données étaient-elles
exagérées pour servir la propagande chrétienne. En conséquence, ce fut
le siège de la ville de Famagouste alors Chef lieu de la colonie vénitienne
de Chypre et de plus, port de grand trafic naval. Le capitaine général
Marc Antoine Bragadin en organisa la défense. Le
capitaine Jeneral da Mar Sébastien Venier commandant la flotte vénitienne
ne réussit pas à intervenir à temps pour secourir la ville. Après
onze mois de siège inutile et d’inutiles combats, les faits y avaient
causé la mort de quatre vingt mille
hommes turcs contre quelques centaines de Vénitiens, (ici la
propagande exagère délibérément) on convint d’un accord entre
Lala Mustafà commandant turc de
l’expédition et Marc Antoine Bragadin capitaine général des Vénitiens.
Les
clauses de la reddition sont cependant souscrites par les turcs qui en
promettent le respect. Le
5 août, Lala Mustafà, le plénipotentiaire turc invite Bragadin à présenter
officiellement la reddition et à remettre les clés de la ville. Mais
Ali Pacha, le supérieur direct de Lala Mustafà ne maintient pas la
parole donnée et, selon les historiens, il accuse Bragadin d’avoir fait
décapiter des esclaves turcs. Raison
pour laquelle on l’arrête, et aussitôt il a les oreilles taillées. Et
pour ce qui suit, tous les chefs vénitiens
sont éliminés par décapitation. Pendant
ce temps, les troupes ottomanes attaquent la ville, y entrent et tuent
tous les Italiens qu’ils y trouvent. Le matin suivant, ils donnent l’assaut
aux navires qui attendaient de partir pour la Crête et font esclaves
toutes les personnes qu’ils trouvent : hommes, femmes et enfants. Le 15 août, Ali Pacha invite Bragadin à se faire musulman pour avoir la vie sauve, mais celui-ci refuse. En conséquence on l’écorc |